Suivi médical de deux grossesses par une sage-femme

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Témoignage de Sylvie

L'expérience que nous avons vécue en attendant nos deux enfants, de 4 ans et 2 ans aujourd'hui, va vous montrer que le rôle des sages-femmes lors de la grossesse va bien plus loin que la préparation à l'accouchement " classique " (haptonomie, préparation en piscine, etc.).

En effet, la sage-femme a des compétences qui lui permettent de suivre médicalement une grossesse, seule ou en collaboration avec un gynécologue.

" Mais pourquoi ce choix ? ", me direz-vous. Eh bien, je pense qu'au départ, je n'avais pas bien compris le rôle du médecin. J'espérais partager avec lui les merveilleux moments que je vivais… et j'étais très frustrée de ces visites expédiées en 10 minutes, après de longues attentes, avec des examens pratiqués sans douceur ni explications. Je n'acceptais pas cette attitude quelque peu dominatrice du médecin… Comment pouvait-il prétendre savoir mieux que moi ce que je vivais ? Moi, je me sentais aller très bien pendant cette grossesse, alors à quoi bon passer par ces consultations dont nous sortions toujours déçus ?

Après avoir changé deux fois de gynécologue, je me suis confiée à notre sage-femme avec qui, par ailleurs, nous suivions une préparation affective à l'accouchement. Celle-ci a bien compris que mon intention était d'arrêter purement et simplement tout suivi médical… ce qu'elle était loin d'approuver.

Petit à petit, elle m'a fait prendre conscience de l'importance d'un suivi rigoureux et régulier. Quelque paramètres suffisent pour s'assurer que la grossesse se déroule bien, sans danger ni pour la maman, ni pour le bébé. Et la bonne nouvelle, c'est que la sage-femme peut, au même titre que le gynécologue, assurer le suivi de ces paramètres, pour autant qu'il n'y ait aucun signe de pathologie. De plus, ces consultations médicales sont remboursées à 100% par les mutuelles !

Avec l'accord de notre gynécologue, nous avons donc continué le suivi médical de ma grossesse avec notre sage-femme. Chaque fois, nous étions attendus à son cabinet, reçus dans une pièce accueillante, aux couleurs chaudes. Après les examens (prises de sang et d'urine, contrôle de la tension, de la hauteur utérine, écoute du cœur du bébé, etc.), nous avions tout le temps pour poser nos questions, partager nos craintes et, petit à petit, être pleins de confiance par rapport à l'accouchement qui approchait.

Nous avions choisi d'accoucher à la maternité. Toutefois, plutôt que de partir dès les premières contractions, c'est notre sage-femme qui est venue à la maison, où elle a surveillé toute l'évolution du travail, écoutant régulièrement le cœur du bébé, contrôlant la dilatation du col, nous aidant à gérer la douleur, tout en nous laissant dans notre environnement familier, vivre ces moments intenses à notre manière. Nous gardons de cet événement un merveilleux souvenir.


Ma seconde grossesse a été diamétralement opposée à la première. Bien sûr, nous souhaitions reprendre le suivi médical avec notre sage-femme et même, cette fois, accoucher à la maison, avec elle.

Toutefois, cela n'a pas été possible, car la sage-femme a très vite détecté des anomalies dans le déroulement de ma grossesse : mon col se modifiait et le bébé ne semblait pas grossir normalement. La sage-femme passa donc le flambeau à notre gynécologue. Hélas, ni celui-ci, ni ses confrères ne purent expliquer ce qui n'allait pas. Nos moments d'angoisse furent indescriptibles… On nous parlait de trisomie, de retard de croissance, de dysfonctionnement du placenta… Heureusement que notre sage-femme était là pour nous remonter le moral, pour nous écouter et, surtout, pour nous redonner confiance en notre bébé. Elle nous a appris à l'aimer inconditionnellement, quoi qu'il arrive.

Et puis le diagnostic est tombé, rassurant pour le bébé, plus inquiétant pour moi : j'avais une pré-éclampsie. Mon gynécologue m'a ordonné d'arrêter immédiatement de travailler, mais m'a donné le choix entre la clinique ou une " hospitalisation à domicile ", avec une visite quotidienne de notre sage-femme pour contrôler l'évolution de la maladie.

Bien sûr, je n'ai pas hésité. L'idée d'être loin de mon mari et de mon petit garçon de 2 ans, alors que ma grossesse était à 2 mois de son terme, m'était insupportable. Rester à la maison m'a déstressée et beaucoup aider à affronter la suite des événements. En effet, aucun médicament n'a permis d'enrayer ma tension. Notre sage-femme s'en rendait compte et gardait un contact étroit avec le gynécologue, qui a rapidement ordonné une césarienne.

Une triste fin de grossesse, me direz-vous, sans parler des 2 mois de couveuse qui ont suivi… Et pourtant, je suis convaincue que, grâce à la perspicacité de notre sage-femme, la naissance n'a eu lieu ni trop tôt, ni trop tard. Joséphine, malgré sa petite taille, était prête à naître et en pleine santé, tandis que moi, j'ai échappé aux sois intensifs fréquents quand on laisse les pré-éclampsies " aller trop loin ", avec tout ce qu'entraîne cette séparation prolongée de la maman et de son bébé.

Je peux même vous dire, et cela j'en suis convaincue, que je dois la vie à ma sage-femme, et je profite de ce qu'elle est aujourd'hui dans cette salle pour l'en remercier du fond du cœur.