Naissance de Sacha

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Témoignage de Christel dont l'enfant est né en 2013

Sacha est notre premier bébé.

Je n’ai pas bien vécu le début de ma grossesse.

Dès le début, je suis très angoissée. Angoissée de le perdre, angoissée de ne pas être une maman à la hauteur, angoissée de tout et de rien… Je suis suivie dans un grand hôpital où l’on ne tient nullement compte de mes angoisses. Je suis reçue 2 minutes après des attentes de trois quart d’heures. On ne m’explique rien et l’on me signale la moindre suspicion d’anomalie que l’on traque à l’aide de multiples examens. Tout ce cinéma ne fait évidemment que renforcer mon stress.

Au milieu de la grossesse, suite à une discussion avec ma belle-sœur qui prend le temps de nous montrer que des alternatives à ce suivi existent, je quitte cet hôpital et je me tourne vers une sage-femme. Je rencontre Chantale, qui est ouverte, humaine, à l’écoute et avec laquelle on a enfin le sentiment d’être réellement accompagnés dans cette aventure.

On décide, à côté des rencontres avec Chantale, de suivre des séances d’haptonomie et l’hypnonaissance. On apprend à se relaxer et à écouter notre bébé.

On vit enfin pleinement et beaucoup plus sereinement cette grossesse.

A 33 semaines de grossesse, Sacha commence à descendre. J’ai des pertes qui sont, sans doute, me dit Chantale, une partie du bouchon muqueux qui s’en va déjà et mon col s’efface.

Je dois me reposer pour éviter un accouchement prématuré. Pas évident pour moi qui adore courir partout mais j’obéis. Je ralentis la cadence..pour un temps du moins…

Je reprends, début décembre, pleinement mes activités.

J’espère avoir au moins encore deux semaines devant moi pour rattraper le retard accumulé au boulot mais Sacha en a décidé autrement.

La nuit du 2 au 3 décembre, je me réveille à 2 heures du matin. J’ai mal au ventre mais cela n’est pas des contractions régulières et à 6 heures du matin tout se calme. Je ne sens plus rien et je me rendors. Je me réveille à 10 heures et décide d’aller travailler.

Durant la matinée, j’ai des petites pertes de sang. Je sais que c’est le col qui travaille mais je n’ai plus aucune contraction et je ne m’en inquiète donc pas.

Je continue normalement ma journée. A midi, je vais manger avec une amie. On fait un tour des potins du moment. Je me sens extrêmement bien mais je décide quand même, par précaution, au moment du café, d’aviser Chantale de la situation.

Je lui envoie un message. Elle me rappelle directement et m’envoie faire un monitoring.

Mon amie qui a congé ce jour-là me propose de m’accompagner. On y va tranquillement en continuant nos commérages.

Je fais 20 minutes de monitoring. Résultat : Le bébé va bien et je n’ai pas de contractions. La sage-femme qui a procédé au monitoring me conseille de rentrer chez moi et de me reposer. Elle me précise qu’on ne sait dire quand j’accoucherai. Cela peut être dans trois semaines comme le lendemain.

Je rentre à la maison vers 18h. Je me sens en super forme. Je range l’appartement et je fais à manger pour Sam.

Il rentre vers 20h30. On mange ensemble et on se couche devant la télé. On regarde un bête feuilleton en plaisantant sur la date de l’accouchement. Sam m’indique que cela ne le dérangerait pas que Sacha nous rejoigne rapidement parce qu’il a deux grosses réunions le lendemain matin auxquelles il n’a aucune envie d’aller. Je lui signale que cela ne sera sûrement pas pour ce soir mais il faut croire que Sacha a décidé de faire plaisir à son papa et de contredire sa maman car les contractions reprennent.

C’est des petites contractions qui reviennent toutes les 10 à 15 minutes. Elles ne m’empêchent absolument pas de regarder tranquillement la télé mais elles excitent fortement Sam qui note fébrilement sur un papier l’heure de chaque contraction. Il en est sûr : c’est pour ce soir et il décide de préparer la valise pour la maternité. Sage précaution.

Vers 23h30, je décide de prendre une bonne douche chaude et les contractions s’arrêtent.

Je vais donc dormir paisiblement, persuadée que tout cela n’était qu’une fausse alerte.

Je me réveille à 3 heures du matin. J’ai à nouveau des contractions mais beaucoup plus intenses. Je réveille Sam. J’hésite à aller à l’hôpital mais lui n’hésite pas une seconde : c’est pour cette nuit, il en est toujours aussi (et même encore plus) sûr. J’appelle Chantale pour la prévenir.

Dans la voiture, la douleur s’intensifie subitement. Je suis prise de panique. Je me prends à penser que je pourrais accoucher sur la route. Il est hors de question que j’accouche en cours de route. J’ordonne à Sam d’appuyer sur le champignon. Sam joue alors au cascadeur et roule à plein tubes (on est flashé deux fois).

Arrivés à l’hôpital, on est reçu par une sage-femme qui examine mon col et me signale que mon col est ouvert à 3 centimètres. Trois centimètres ??? Je croyais être sur le point d’accoucher et je sais qu’avec ce diagnostic il est possible que j’en ai encore pour des heures. Moi qui avait décidé de ne pas avoir recours à la péridurale, je craque : « je veux la péridurale ».

Très bien, mais il faut alors faire des analyses de sang. Sam me suggère de prendre un bain et de me décider après. Si cela ne va pas mieux après le bain, il sera toujours temps d’avoir recours à la péridurale (la suite lui donnera tort et raison à la fois : tort parce qu’il sera trop tard mais raison car je le remercie aujourd’hui d’avoir eu ces paroles à ce moment-là).

Je l’écoute et je me glisse dans le bain. Loin de se calmer, les contractions s’intensifient et je ne parviens plus à les gérer. Sam fait son maximum pour me calmer mais je suis dans mon monde qui ne fait plus partie du sien. Je hurle en sentant Sacha descendre de plus en plus bas.

La sage-femme m’examine et m’indique que mon col s’ouvre très rapidement (4 centimètres en 40 minutes) ce qui explique les fortes douleurs.

Elle me dit qu’à ce stade elle n’a plus le temps de faire les analyses nécessaires pour une péridurale. Je devrai accoucher sans.

A partir de ce moment-là, bizarrement, tout va mieux.

Je sais que je vais devoir accoucher sans péridurale. Je sais qu’il faut que j’apprivoise la douleur parce qu’elle va m’accompagner jusqu’au bout de cet accouchement. Je sors du bain et la douleur devient plus gérable. Sam me guide vers les exercices de respiration que l’on a sagement répétés dans les semaines précédant l’accouchement. Il m’apaise. Je me connecte à lui et je me sens mieux. Je cesse de crier et je me concentre sur ma respiration tandis que Sam me masse la nuque et le dos. Je me relâche. Chantale, notre sage-femme arrive et je me sens encore mieux. Je sais désormais que tout va bien se passer.

Je pers la notion du temps. Je suis dans mon monde. Je suis ailleurs.

Chantale m’annonce que mon col est ouvert à 10 centimètres.

Il faut commencer à pousser.

Je suis toute entière concentrée sur les poussées.

Chantale, une sage-femme de l’hôpital qui nous a rejoints et Sam m’encouragent.

Leurs encouragements me portent.

Je suis fatiguée mais je sais que Sacha sera bientôt dans mes bras et il me donne une force extraordinaire…J’apprendrai par la suite que j’ai poussé pendant une heure et demie…une heure et demie hors du temps…

Il est 7h20 ce 4 décembre 2013 et il est finalement là. Son petit corps tout chaud contre le mien. Il est magnifique.

Son papa me sourit et une vague de confiance en Sacha, en lui, en moi, en notre avenir à tous les trois, me traverse. On forme une si belle équipe.