La naissance de Casimir

Merci de ne pas reproduire ces témoignages sans l'accord écrit de leur auteur. Veuillez contacter Alter-NativeS
Témoignage de Tania dont l'enfant est né en 2004

J'ai déjà laissé un témoignage sur votre site : celui de la naissance de ma fille Jeanne. Je voudrais en ajouter un nouveau, si c'est possible... celui de la naissance à la maison de mon fils Casimir, en octobre 2004.

Après la naissance de Jeanne, nous étions intimement convaincus de l'importance d'une naissance à visage humain; et pour la grossesse et l'accouchement suivant, nous sommes allés un pas plus loin... Toute la grossesse a été suivie par notre sage-femme Véronique et l'accouchement a été planifié à la maison avec elle et sa collègue Rycke. Nous avons vu une gynécologue deux fois : en tout début de grossesse et vers 8 mois. Pas plus. Elle n'était pas présente à l'accouchement. Nous avons été magnifiquement accompagnés par nos deux sages-femmes (Rycke est arrivée in extremis, pour l'expulsion), et une amie qui s'est occupée, entre autres, de nos autres enfants.

Tout s'est passé à merveille, très vite, très facilement, dans une ambiance extraordinaire. Il n'y a aucune comparaison possible avec un accouchement à l'hôpital. Rien ne favorise davantage le bon déroulement de l'accouchement que la maîtrise de ses mouvements, le confort et l'intimité de son chez-soi, le respect inconditionnel des désirs des parents si aucun impératif médical ne s'y oppose. En trois heures de temps, notre petit était là. Spontanément, j'ai choisi de : prendre un bon bain chaud qui m'a détendue et a beaucoup fait progresser les choses, chanter chaque contraction (je n'ai suivi aucun cours de chant prénatal et de manière générale je suis une piètre chanteuse, mais les sons venaient tout seuls et cela m'a énormément aidé ), accoucher sur mon lit, à genoux, dans une position qui a favorisé la descente rapide.

Quand Casimir est né, nous l'avons pris dans nos bras, et nous avons laissé battre son cordon. Nous ne l'avons ni baigné, ni habillé, ni pesé, ni aspiré, ni embêté d'aucune façon ! Je l'ai mis au sein, et il a très vite compris ce qu'il devait faire ! Il est resté tout nu contre nous toute la journée. Le soir seulement, nous l'avons pesé, essuyé, langé et mis en pyjama. Les sages-femmes, après avoir hésité, ont décidé qu'elles devaient quand même me faire une petite suture, mais comme je n'étais pas très enthousiaste, elles m'ont accordé le répit jusqu'au lendemain (essayez un peu de convaincre votre gynéco à l'hôpital d'attendre le lendemain pour la suture !).

Elles sont revenues chaque jour pour les soins au bébé et à la maman. Nous sommes allés fièrement montrer notre chef-d'oeuvre à notre pédiatre après une semaine. C'est un bébé splendide, en parfaite santé, très calme et serein. On voit qu'il est heureux. Qu'il a eu une naissance heureuse. On VOIT la différence !

Cette expérience magnifique me fait espérer que cette façon de mettre au monde ses enfants redeviendra une option sérieusement envisagée par les futurs parents (non, non, il ne faut pas être un hippie attardé) et encouragée par les médecins pour toutes les grossesses physiologiques (on peut rêver...!). En tout cas, je souhaite vivement à tous ceux qui aimeraient accueillir leur enfant autrement d'avoir assez de confiance en eux pour braver les mises en garde alarmistes des médecins- qui, ne l'oublions pas, ont tout à gagner à garder les accouchements entre leurs mains (en termes de pouvoir et d'argent) - et de vivre ces moments magiques en se concentrant sur l'essentiel !

Tania, la maman d'Héloïse, Jeanne et Casimir.